Tout a commencé par une simple question : « Comment dire non au harcèlement scolaire de façon innovante, plus vivante, plus percutante ? » Comment permettre aux jeunes non seulement de comprendre, mais surtout de ressentir, de prendre conscience des enjeux de ce fléau afin de susciter un sursaut citoyen et collectif autour de ce sujet ? De cette réflexion, partagée avec les élèves ambassadeurs, est née une idée : utiliser le spectacle vivant, le théâtre, pas n’importe quel théâtre, mais un théâtre réflexif qui met les émotions au centre du jeu et qui invite à l’action.
C’est ainsi qu’est venue l’idée originale d’un personnage que l’on appellera le « narrateur figeur », qui incarnerait la voix de la conscience. Son rôle serait de figer les scènes à des moments clés de la pièce pour les décrypter et inviter le public à ressentir l’intériorité des personnages, à voir l’invisible, entendre l’indicible. La pièce a donc été pensée pour être un miroir social et pour permettre d’ouvrir un espace de parole où les spectateurs pourraient partager leurs ressentis et débattre autour de cette problématique à la fin de la représentation.
Puis est venu le temps de l’écriture et de la mise en scène. Le parti pris a été celui d’une écriture épurée, et percutante : le texte mêle un réalisme brut à beaucoup de sensibilité. Les dialogues sont délibérément simples afin de valoriser davantage le jeu des comédiens.
En ce qui concerne l’histoire, les élèves ont choisi de raconter le quotidien ordinaire de quatre adolescentes avec des violences presque banales, et c’est précisément cette banalité qui bouleverse car c’est dans les souffrances que surgit l’authenticité des relations humaines.
Ce théâtre se veut immersif afin de susciter une prise de conscience et créer une résonance chez les jeunes spectateurs. C’est ainsi qu’est née « Il suffit d’un … », une pièce humaniste et pédagogique. Elle a été présentée aux 162 élèves de 6ème et a suscité de nombreux échanges.
Ce projet a permis aux élèves d’expérimenter une démarche complète, de la réflexion à la création, de la parole à l’action. Ils ont développé des compétences artistiques mais surtout humaines et sociales : l’estime de soi, la tolérance, l’empathie, le sens de la responsabilité collective. Ils ont compris la force du collectif et ont montré que le théâtre peut être un outil puissant de prévention, de sensibilisation et de transformation sociale.
Les ambassadeurs ont travaillé sous la houlette de Malika FERKAL, AESH au collège et membre de PHARE. Léa Loustau, AED et membre de PHARE a également accompagné cette réalisation. Félicitations à Karina, Jade, Nour, Luna et Manon, nos élèves ambassadeurs.
Mise à jour : décembre 2025


