Ouverture à l'école

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Langues régionales

La société française est riche de la variété de ses identités régionales et les langues régionales contribuent, avec les langues étrangères parlées dans notre pays, à faire vivre sa diversité linguistique. Les langues et cultures régionales font ainsi partie intégrante de notre patrimoine commun, que l’école contribue à faire connaître, comprendre et transmettre.


Les langues régionales dans l’académie de Bordeaux

L’académie de Bordeaux est riche de deux langues régionales :

  • le basque, parlé en France sur un gros tiers du département des Pyrénées-Atlantiques, plusieurs régions d’Espagne et dans divers pays du monde,
  • l’occitan, parlé dans les cinq départements de l’académie de Bordeaux, dans neuf académies métropolitaines (Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Aix, Nice, Poitiers, Limoges, Clermont, Grenoble) et dans deux états voisins, l’Italie et l’Espagne.

L’enseignement de ces langues régionales est organisé dans le premier degré, au collège et au lycée dans les secteurs public, privé confessionnel et privé associatif.

Deux modes d’enseignement coexistent :

  • l’enseignement extensif, de quarante-cinq minutes à trois heures par semaine selon les niveaux,
  • l’enseignement intensif, bilingue à parité horaire dans le service public et dans l’enseignement privé confessionnel, bilingue immersif dans l’enseignement privé associatif.


Euskara, la langue basque

La langue basque est parlée par environ 1,5 million de personnes dans le monde, réparties sur l’aire historique du Pays basque et dans le reste du monde (diaspora intra et extra-européenne).


Cette langue, que d’aucuns qualifient de mystérieuse, est en fait l’une des rares langues non indo-européennes encore parlée à l’ouest de ce continent. Même si son origine et sa filiation restent non élucidées, certaines théories récentes basées sur la toponymie et la génétique semblent indiquer que la langue (ou son ancêtre) et les gens qui la parlaient étaient présents dans le Sud-Ouest européen lors de la dernière glaciation de Würm, il y a environ 20 000 ans.
 

Euskal Herria, le pays de la langue basque

Sans chercher à confirmer ou infirmer l'hypothèse d’une langue proto-basque existant à l’âge de pierre, on peut remarquer qu'il existe un fond particulièrement ancien de mots construits sur le radical « aitz » (pierre) : aizturrak (ciseaux), aiztoa (couteau), aizkora (hache), etc. Par ailleurs, une présence humaine est attestée dans de nombreux sites rupestres du Pays basque depuis environ 18 000 ans, comme dans les grottes d’Isturitz (Basse-Navarre), d’Arenaza (Biscaye) ou celle d’Ekain (Guipuzkoa).

L’aire linguistique du basque semble avoir évolué au cours des temps entre régression et expansion. Actuellement, son territoire correspond à peu près au Pays basque des sept provinces, avec une présence plus ou moins forte selon les régions : peu parlé au sud de la Navarre et de l’Alava et sur la côte basque (BAB), assez pratiqué en Labourd intérieur, Basse-Navarre et Soule et très présent en Guipuzkoa, Biscaye (en dehors de Bilbao), nord de la Navarre.

Le basque présente une vision binaire du monde avec une langue pour les Basques (euskara du radical eusk : basque) et une langue pour tous les autres (erdara, du radical erd : non basque) et un « droit » qui n’est ni du sol, ni du sang mais de la langue. Le Pays basque est d’ailleurs en basque « Euskal Herria », c'est-à-dire le pays de la langue basque. Peu de pays ou de régions du monde fondent, à notre connaissance, leur existence même sur leur langue.

Une langue entrée de plain-pied dans la modernité

Au cours des siècles, l’euskara - comme toutes les autres langues d’ailleurs - s’est fortement dialectalisé, en raison du peu de communications qui existaient entre les communautés. Au XIXème siècle, le prince Louis-Lucien Bonaparte a dressé une carte qui donne une bonne idée de la répartition de l'époque. Depuis, certains dialectes ont disparu, d’autres ont continué d’exister mais l’un des événements majeurs et fondateurs de la modernité de l’euskara a été, en 1919, la création d’une académie de la langue basque qui s’est donnée pour objectif de normaliser celle-ci en élaborant et proposant un basque unifié (euskara batua) qui est aujourd’hui la langue des médias, de l’enseignement, de la littérature, etc. Ce basque unifié assure l’intercompréhension et la cohésion de l’euskara sur l’ensemble de son territoire.

Le basque aussi est une langue de culture, et pas simplement orale comme on l’a longtemps entendu dire. Le premier ouvrage imprimé en basque l’a été en 1545 (Linguæ Vasconum Primitiæ de Beñat Etxepare) et aujourd’hui plusieurs centaines de titres paraissent tous les ans avec des auteurs, comme Bernardo Atxaga par exemple, parfois traduits dans plusieurs langues.

L’euskara est langue officielle, avec l’espagnol, dans la Communauté autonome d’Euskadi, ainsi que dans une grande partie de Communauté forale de Navarre.

En France, l'Office public de la langue basque (OPLB), créé en 2006, est un organisme chargé de la mise en place d’une politique linguistique en faveur de l’euskara, soutenu en cela par l’État, la région Aquitaine et le département des Pyrénées-Atlantiques qui en sont les principaux financeurs.



La langue occitane

La langue occitane est parlée sur tout ou partie de trente-deux départements en France. Pour l’éducation nationale, cet espace représente les neuf académies du sud de l’état français : Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Aix-Marseille, Nice, Grenoble, Clermont, Limoges et une petite partie de Poitiers.

On parle également occitan dans douze vallées du Piémont en Italie et le Val d’Aran, en Espagne où elle est langue officielle. Comme toutes les langues, elle présente des variations internes. On donne parfois à ces variations des noms locaux : gascon, provençal, béarnais, languedocien, limousin, provençal, mais il s’agit bien de la même langue.

« On n’a jamais vu naître une langue », disait Ferdinand de Saussure. Mais on a vu naître des littératures. De la fin de l’empire romain (Ve siècle) jusqu’au règne de Charlemagne (IXe siècle), on trouve quelques mots en langue romane dans les textes latins. C’est ainsi dans des textes écrits au cours de cette période que l’on voit apparaître les premiers termes occitans, notamment dans une Aube bilingue, latin-occitan.

Tout bascule au XIe siècle

Il faut cependant attendre les poèmes religieux du tout début du XIe siècle pour pouvoir lire un corpus cohérent et construit : Boeci, Passion de Clermont, Chanson de Sainte-Foy d’Agen, etc. En cinquante ans, tout va basculer : dans le dernier tiers de ce siècle nait le premier des troubadours connu, Guillaume IX, duc d’Aquitaine. Ce seigneur puissant, grand-père d’Aliénor sera le précurseur génial : après lui, une création poétique ininterrompue de deux cents ans fondera notre civilisation européenne et nourrira nos rêves de femmes et d’hommes du XXIe siècle.

Ces troubadours, auteurs et compositeurs, écrivent dans une langue commune, une koinê du pays d’oc. Au sud-ouest de l’espace d’oc, en Béarn, à cette même période, les fors donnent les premiers textes de loi en occitan. La croisade contre les Albigeois et la destruction des cours occitanes amènera l’éparpillement des troubadours en Europe. Ils féconderont la naissance des littératures

  • italienne avec Dante (qui parle d’Arnaud Daniel, le troubadour de Ribérac, dans la Divine comédie) et Pétrarque,
  • espagnole avec les poèmes d’Alphonse X,
  • allemande, avec les Minnesangers
  • et même française avec Chrétien de Troyes qui apprend son art à la cour de Marie de Champagne, l’arrière-petite-fille de Guillaume IX.
     

Les deux renaissances de la littérature occitane

Les XVIe et XVIIe siècle connaitront la renaissance de la littérature occitane autour de poètes comme Pey de Garos, du Bartas, Goudouli, Ader, Bellaud de la Bellaudière, sonnettistes ou même auteurs de poèmes plus longs. Ils marquent leur époque. En même temps naît dans la littérature française le motif du Gascon hâbleur qui perdurera jusqu’à notre époque avec des avatars divers (la célèbre « pagnolade » qui dévalorise la langue occitane).

Dans le premier quart de ce XVIIe siècle, en 1620, le roi de France Louis XIII vient tenir un lit de justice à Pau. Il en profite pour imposer la langue française au parlement de Navarre, mettant ainsi fin à presque six siècles de textes juridiques en Béarn.

Au cours des deux siècles qui suivent, la langue connaît des créations populaires mais aussi savantes. À Bordeaux, par exemple, on connaît une traduction de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. C’est cependant au milieu du XIXe siècle que la seconde renaissance de la littérature occitane va prendre place avec le Félibrige, autour de Frédéric Mistral, en Provence avant de se diffuser sur tout le sud de la France et une partie du nord-est de l’Espagne.

En 1904, Mistral est lauréat du prix Nobel de littérature pour son œuvre. Après la seconde guerre mondiale, des auteurs de renommée internationale (Manciet, Delpastre, Rouquette, Lafont, Delavouet, etc.) illustrent cette langue occitane en utilisant tous les genres littéraires (théâtre, roman, nouvelle, littérature d’idées, etc.).

La langue des troubadours toujours présente au XXIe siècle

Les noms de nos villages (La Brède, Villenave, Peyrehorade, Castelnau, Piegut, etc.) et les rues de nos villes (Maucoudinat, Faure, Carpenteyre, Husterie, Clare, etc.) disent la présence de la langue occitane, tout autant que les emprunts de la langue française à l’occitan dans des lexiques aussi divers que la nourriture (aïoli, pipérade, aligot, etc.), la marine (cap, escadre, poupe, etc.), le cheval (carrière, balzane, traquenard, cavalcade, etc.), la montagne (adret, ubac, soulane, etc.) ou l’armée (colonel, capitaine, escouade,etc.).

À l’heure actuelle, des créateurs s’en emparent (chanson, bande dessinée, théâtre, cinéma, internet, arts vivants) et font vivre au XXIe siècle la langue des troubadours. 



Les filières et les modèles d'enseignement 

Historiquement c’est l’enseignement extensif qui s’est développé en premier dans l’enseignement public (1969) avec la mise en place d’un enseignement itinérant de langue régionale par des instituteurs bascophones ou occitanophones, à raison de trois heures par semaine et par classe. Parallèlement, dans le secteur privé associatif c’est le système immersif qui voit le jour. Le système bilingue à parité horaire apparaît, lui, en 1982.

Actuellement, les trois systèmes continuent de cohabiter dans les trois filières d’enseignement. Pour des raisons d’efficacité d’apprentissage, l’enseignement extensif est en voie de disparition pour la langue basque.

Organisation de l'enseignement

Secteur Primaire Secondaire
Public
  • Enseignement bilingue à parité horaire (50% du temps scolaire)
  • Enseignement extensif (1 à 3 h/semaine)
  • Enseignement renforcé (3 h/semaine)
  • Enseignement LV2 (2 à 3 h/semaine)
  • Enseignement bilingue (au moins une matière enseignée en langue régionale, au moins 6h/semaine)
Privé confessionnel
  • Enseignement bilingue à parité horaire (50% du temps scolaire)
  • Enseignement extensif (1 à 2 h/semaine)
  • Enseignement LV2 (2 à 3 h/semaine)
  • Enseignement bilingue (au moins une matière enseignée en langue régionale, au moins 3 h/semaine)
Privé
associatif
  • Enseignement immersif (avec introduction progressive du français à partir du CE1)
  • Enseignement immersif (tout en langue régionale sauf les disciplines linguistiques)




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