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Faire de la science pour l'aimer

Cité scolaire Alcide Dusolier
NONTRON 24300

 

Écrit des professeurs

Nous sommes deux professeurs de SVT enseignant au lycée (seconde, première et terminale). Nous formons une équipe mixte, Laure Peyruchaud (32 ans) et Dominique Ducret (59 ans).
Moi, Dominique, j’ai créé, il y a quelques années, un atelier scientifique, destiné, dans ses débuts à la seule réalisation d’élevages. Pour cela, j’ai créé une « animalerie, bien modeste au départ, au sein de laquelle chaque participant pouvait élever un animal de son choix, à condition qu’il en soit totalement responsable, y compris pendant les vacances.
Cependant, cette seule activité ne me convenait pas.
Notre situation d’enclavement total, éloignée de tout pôle scientifique, m’a conduit à étendre les activités de cet atelier. Pour cela, j’ai commencé à proposer aux élèves, volontaires, qui fréquentaient l’atelier, de s’investir dans des projets scientifiques de leur choix, sans que j’intervienne de quelque façon que ce soit. Le recrutement concernait tous les élèves du lycée, toutes filières confondues, pour éviter toute discrimination liée à des choix d’orientation.
Le nombre d’élèves participant à cet atelier est allé croissant au fil du temps, et le concept d’atelier scientifique est entré dans le projet d’établissement et a fait partie intégrante de la structure pédagogique.
J’ai cherché à ne pas reproduire un fonctionnement de type scolaire ; aussi ai-je aboli tout ce qui ressemblait de trop près à une activité de classe ; ainsi, l’évaluation se fait sans notes, l’appréciation du travail repose sur celle apportée par le public, lors d’expositions, de manifestations officielles, ou créées pour l’occasion.
J’ai souhaité qu’en aucun cas « l’élève », en l’occurrence le « jeune chercheur » ne retrouve ce qu’il fait en cours. Ainsi, je ne suis plus professeur, mais seulement animateur-conseil. Je n’apporte aucune solution aux problèmes rencontrés par les élèves.
Si le succès était évident, j’avais peur de m’enfermer dans une routine ronronnante, et de voir mes objectifs se diluer progressivement.
C’est en septembre 2000 que tout jeune professeur, moi Laure, j’ai été nommée au sein de la cité scolaire de Nontron. Dans un premier temps affectée au collège, j’ai alors fait connaissance avec cette activité particulièrement originale et jamais rencontrée auparavant. En septembre 2004, je suis devenue « actrice » et non plus spectatrice de cet atelier scientifique. Les débuts ont été difficiles, d’une part parce que cette activité sortait de tous les cadres pédagogiques que j’avais connus jusqu’alors, d’autre part parce qu’elle était le fruit de la réflexion d’une personne et que je n’en ai pas saisi de suite tous les rouages. Au mois de Décembre 2004, Dominique et moi avons décidé de définir ensemble des modalités de fonctionnement acceptées par nous deux. 
Pour la salle d’élevage, après une certaine réticence face au choix très « reptilien » des élèves, j’ai pu grâce à eux observer, toucher , et apprécier ces animaux particulièrement fascinants. J’ai ainsi découvert que l’élève pouvait m’apporter autant de connaissances que je ne lui en apportais moi-même.

Nous avons donc établi avec Dominique une charte de cette activité.
La salle d’élevage : chaque élève peut s’il le souhaite élever un animal de son choix à condition que celui-ci ne soit pas protégé par la convention de Washington ni prélevé dans la nature de manière sauvage. L’élève doit assurer la construction de l’espace d’élevage, la réalisation des conditions écologiques nécessaires, l’installation et l’entretien de l’animal y compris pendant les périodes de vacances. L’accès à cette salle d’élevage est libre à tout participant mais son nettoyage doit être assuré par une rotation d’élèves responsables.
L’atelier prend en charge tous les frais occasionnés (alimentation, frais vétérinaires,…). Notre objectif est la responsabilisation de l’élève vis à vis d’un être vivant et l’interactivité entre élèves. Une équipe d’élèves plus âgés gère la salle , son bon fonctionnement et doit nous communiquer tout problème rencontré.
La production attendue réside en la fabrication d’un Cdrom (actuellement disponible au CRDP de Bordeaux), l’alimentation du site internet  et la présentation publique des élevages existants. 
Réaliser des projets scientifiques : c’est l’aspect obligatoire de notre atelier.
Au départ, nous avions fixé comme cadre un fonctionnement en équipes autonomes. Chaque équipe a pour mission de se fixer un projet en totale autonomie, selon leur goût. L’équipe est solidaire et  maître du déroulement du projet dans son intégralité sans intervention de notre part : tout est possible !!!!

Dominique comme moi n’intervenons dans le choix du sujet ni dans celui de partenaires qui sont donc le plus souvent extérieurs à l’établissement. Ceci correspond à notre choix de désenclavement.
L’équipe doit se fixer des objectifs opérationnels, se documenter sur le sujet choisi et établir avec le ou les partenaires une démarche scientifique intégrant tous les paramètres de rigueur, d’utilisation d’outils adaptés ainsi qu’une attitude critique des résultats. L’échec faisant partie intégrante de cette démarche, l’équipe a le choix d’abandonner le projet ou de reconsidérer tout ou partie des objectifs à atteindre ou du mode opératoire pour y parvenir.
Nous avons décidé de laisser le groupe libre de son rythme de progression  et de son mode de communication des résultats obtenus.   

Cependant, le fonctionnement de cette activité a été profondément modifié par les objectifs fixé par le fond d’incitation académique : ouvrir les carrières scientifiques aux jeunes filles et leur donner le goût de la science.
Notre constat local : trop peu de filles choisissaient les filières scientifiques de notre établissement et par voie de conséquence, elles s’impliquaient peu dans notre atelier scientifique. Moins nombreuses que les garçons, leur manque d’assurance quasi chronique les incitait à occuper un rang de second rôle dans l’équipe. Leur manque d’engouement pour les sciences était du à un découragement principalement face aux mathématiques. Beaucoup de filles se dévaluent, n’ont pas conscience de leur potentiel et estiment les activités scientifiques incompatibles avec une vie personnelle.
La plupart d’entre elles considèrent que la science est « une histoire d’hommes ! ».
Comment les inciter à nous rejoindre et à modifier leur perception ? Nous avons joué sur l’ancrage au réel dont bénéficient les SVT pour établir avec elles un dialogue sur la définition du terme « science » dans son acceptation générale et leur montrer la diversité des démarches. Nous avons aussi développé l’aspect attractif de l’élevage d’un animal pour les inciter à adhérer à l’atelier.
Nous avons favorisé la constitution d’équipes mixtes afin de ne pas isoler les deux sexes et de valoriser les échanges. On a constaté que rapidement au sein de chaque groupe la sensibilité de chacun était prise en compte.
Après deux ans d’efforts, la proportion de filles actuellement est d’environ 60% sur un effectif de 82 participants. Parmi les quatorze projets, 6 sont menés par des filles, dans les autres groupes,  elles se sont définies une place et une responsabilité précise. Nous avons constaté qu’elles prennent une part active dans la recherche et la communication avec des intervenants extérieurs. Elles s’investissent à part égale dans la présentation de leur projet face à un public, ce qui leur a permis de prendre confiance et d’accepter leurs compétences.
Malheureusement, cela ne se traduit pas forcément dans la réalité scolaire puisque bon nombre d’entre elles restent très sensibles à la notation dans certaines matières scientifiques.
Notre activité ne pourra être efficace à terme que si  elle est acceptée et enrichie par l’ensemble de la communauté pédagogique.  
Cette année, nous avons noté lors des premiers choix d’orientation  en seconde, une augmentation considérable de demande des filles pour des filières scientifiques mais une attitude dominante et exigeante des collègues de mathématiques entre  autre, a abouti dans notre cas à un découragement et un report vers des filières du type  1ère STL soit disant plus à leur portée…Ainsi depuis deux ans, 100% des élèves de notre établissement ont réussi au bac S : doit-on s’en féliciter ou regretter que des exigences excessives pour intégrer la 1ère S n’aient évincé des élèves qui auraient pu y réussir ?
Dominique et moi pensons que nous sommes sur la bonne voie et que la réussite d’une telle action s’inscrit sur le long terme.

 

Paroles d’élèves :

 

Je m’appelle Anaïs Peyrony et j’ai 16 ans. Je suis en seconde et je fais partie de l’atelier scientifique depuis la classe de 3ième . A ma première année d’atelier, je n’avais qu’un animal qui est mort peu de temps après. Puis l’année suivante, j’ai eu en ma possession un autre animal et je me suis intéressée de plus près aux projets de groupe, en m’intégrant dans celui des plantes médicinales . Je leur ai dit que je connaissais un herboriste, Michel Evrard.
Je l’ai alors contacté une 1ière fois, puis j’ai fixé une date pour le rencontrer d’abord seule. Je lui ai d’abord présenté notre projet, et je lui ai demandé s’il pouvait nous apporter son aide pour faire avancer notre projet. Nous avons alors fixé une autre date avec le groupe pour qu’il vienne nous rencontrer au lycée. Il est ensuite venu au lycée, un mercredi d’atelier. On s’est réuni, Monsieur Evrard et notre groupe pour parler entre nous. Il a d’abord était très ouvert à tous ce qu’on lui a dit et très enthousiaste à l’idée de nous aider sur le projet.
Il nous a apporter beaucoup d’informations sur les plants, comment s’en servir, pourquoi et quelles effets celles-ci avaient sur nous. Il nous a même apporté de nouvelles méthodes pour transformer nos plantes en tisanes, huile essentielle, en teinture mère, …Il s’est montré très réceptif à ce qu’on lui demandé. Il nous a même dit d’apporter plusieurs modifications sur ce qu’on avait déjà créer, comme par exemple la pommade à base souci. On lui a demandé s’il était possible qu’il nous aide tout au long de l’année sur notre projet au cas où nous aurions quelques petites difficultés à avancer. Il nous a dit qu’il voulait et que l’on pouvait le contacter dès que nous aurions un problème. On lui a même proposer de venir au Festival des Lycées, malheureusement, avec son boulot, il n’a pas pu mais il aurait aimé être présent.
J’ai trouvé cette rencontre très intéressante et très instructive. Cela m’a permis d’apprendre plus de choses. Je pense d’ailleurs que cela est bien que, nous, les filles, nous nous intéressions à la science, car cela n’est en aucun cas réservé qu’aux hommes.

 

CHLOE : LA FETE DE LA SCIENCE

Cette année, j’ai rejoint un projet scientifique à l’atelier biologique au lycée. Le projet scientifique avait été commencé par une de mes amies. Je le trouvais très intéressant. Nous l’avons donc continué à deux. Ce projet traite des courants marins et des océans. Il s’incluse dans un groupe de cet atelier qui étudie les climats, passés présents et futurs.
 Quelques temps après mon arrivée, j’ai participé à la journée de la science, organisée dans mon lycée. Nous devions accueillir les visiteurs, leur faire partager notre envie, nos projets . J’ai donc été confronté à un public varié : des adultes, des enfants. Ce fut très enrichissant, organiser les expériences, faire participer tout le monde y compris les enfants, avec des expériences ludiques créées pour eux.
 La fête de la science n’est qu’un week-end par an. Je trouve cela dommage. J’ai pu constater l’image des sciences chez les gens, et cela me fait un peu peur. C’est pour cela qu’il faut organiser ces journées, montrer aux gens que les sciences sont abordables et peuvent être attractives, ludiques.
 Je pense qu’à notre échelle nous pouvons faire bouger les choses.
 De plus la fête de la science a été un bon entraînement pour moi. Je m’y suis amusée et j’ai beaucoup appris, être confronté à des gens qui ne sont pas entourés par les sciences comme nous pouvons l’être au lycée nous pousse à mettre nos connaissances au service d’explications, logiques et abordables. Nous ne restons pas cantonnée à nos connaissances. Cette dimension marque au lycée.
Au delà des sciences les rencontres sont enrichissantes à tout point de vue.

 J’ai moi aussi abordé les sciences différemment, tout peut être faisable même à notre petit niveau.
Porter un projet, le réaliser et le défendre, apporte énormément de choses, et on en retire que du bien.

Je me présente, je m’appelle Marion Verlhac, je suis élève de seconde et je suis au lycée Alcide Dusolier à Nontron. Le vendredi 30 mars j’ai présenté à des troisièmes de différents collèges l’atelier biologique dont je fais partie. Cet atelier a pour but d’avoir des animaux et de créer des projets scientifique. Lorsque j’ai présentais, j’ai pu remarquer que je faisais un discours platonique, car aucune questions n’a été posées. Mais à l’animalerie les questions fusées de partout. Certains était apeurés et d’autres ont vaincu leur peur des animaux comme les reptiles. Beaucoup d’élèves extérieurs à notre cité scolaire ont été intéressés et à mon étonnement ce sont les élèves de Nontron qui ont montré le moins d’ enthousiasme. Mais j’ai eu l’impression d’avoir donné à certains l’envie de devenir l’année prochaine des membres de notre atelier.

 

RELATIONS

Je m’appelle Laurence Hiroux, je suis élève en terminale S et je fais partie de l’atelier biologique depuis la seconde.
Au début, le plus dur c’était de choisir un sujet, car à l’atelier nous sommes libre d’étudier le sujet qui nous plait, ce que je trouve très intéressant. Après un long questionnement je me suis décidée à étudier la pollution, car c’est un problème qui nous touche de plus en plus. J’ai fait part de mon projet à mes deux professeurs : Monsieur Ducret et Madame Peyruchaud. Comme le sujet restait vague, ils m’ont aidé en me donnant un contact avec un chercheur de Bergerac qui travaille sur la pollution à l’ozone à l’aide de tabac bio-indicateur. J’ai donc pris contact avec ce scientifique, qui m’a envoyé des graines puis qui a su répondre à toutes mes questions depuis ces trois dernières années. Nous avons un contact permanent et je le tiens informé de mes expériences, mes résultats et mes expositions.
L’année dernière en faisant des recherches sur le net je me suis rendu compte qu’il existait un Ozonetum à Nancy à l’institut de l’INRA, j’ai donc pris contact avec ces personnes pour savoir si je pouvais visiter leur serre. Ils ont été favorables à ma demande, ravis qu’une lycéenne s’intéresse à leur projet. Malheureusement, faute de moyen je n’ai pas pu y aller mais depuis j’ai gardé contact avec l’institut.
 L’atelier m’a permis d’approcher et d’être en contact avec des scientifiques, des chercheurs, je me suis créée des contacts utiles car l’année prochaine je continue mes études en biologie et ces contacts me seront toujours très utiles. Peut-être qu’un jour, qui sait, j’intégrerais l’INRA et rejoindrais l’équipe de scientifique avec qui j’ai pris contact !!

 

Audrey : IMPLICATIONS DES FILLES AU FESTIVAL DES LYCEENS 2006

Il est important de préciser que le nombre de filles et de garçons participant à ce festival est à peu près le même, il m’a semblé qu’il y avait autant de filles que de garçons. Cependant, leur implication n’est peut-être pas la même ; on dit souvent que les filles sont plus sérieuses et matures que les garçons, nous allons voir si cela se répercute dans leur implication au festival.
 Tout d’abord, il y a plusieurs manières de s’impliquer dans le Festival, que ce soit pour l’organisation, l’encadrement, ou bien dans les différents thèmes tels que la science (thème que nous développerons ici), l’art (l’écriture, la musique, la danse, la photographie, le dessin) ou le théâtre. J’ai remarqué que les filles sont très impliquées dans chacun de ces thèmes, surtout dans la danse, mais aussi tout ce qui concerne l’art ou le théâtre.
 En ce qui concerne la sciences, c’est plutôt mitigé. J’ai rencontré un groupe de filles travaillant sur la saponification, elles faisaient laver les mains du public avec le savon qu’elles avaient fabriqué, et expliquaient son efficacité et sa fabrication. J’ai rencontré aussi un groupe de filles faisant souffler les lycéens dans un test permettant de mesurer le taux de pollution au tabac dans leurs poumons ; c’était très intéressant et elles avaient beaucoup de succès ; elles ont fait preuve de beaucoup d’originalité. Quant à nous, nous expliquions la création des courants marins à la surface du globe, ainsi que leurs effets sur le climat, notamment dans un futur (plus proche que lointain) où ces courants risqueraient d’être ralentis, diminués voire détruits / arrêtés par le réchauffement climatique favorisé par les gaz à effet de serre. Nous avons travaillé également sur la pollution à l’azote (les 2 autres filles dans mon groupe) et sur le paléoclimat. Je pense que la science passionne autant les filles que les garçons, même si on attribue trop souvent ce domaine à la gente masculine …

 

LES RELATIONS AVEC LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

 

 

Marie FAUVEL 2°1

 

 

Pauline ANDRE Term S1

 J’ai rencontré un météorologue de Bergerac à l’occasion de la fête de la science, dans notre lycée. Notre professeur de science qui nous encadrait pour notre projet s’était chargé de l’inviter. Nous étions à l’époque trois dans le groupe météo, nous faisions déjà des relevés quotidiens et beaucoup de recherches, et nous comptions sur cette rencontre pour acquérir de nouvelles connaissances et nous lancer vers un but précis.
Nous nous sommes tout de suite très bien entendus avec lui. Il était généreux. Il nous a ramené beaucoup de documents, des cassettes et surtout des modèles de cartes servant à Météo France pour faire ses prévisions journalières. Elles sont imprimées à forte fréquence, à partir d’un très grand ordinateur. Ces cartes sont précieuses, et peu de monde y a accès. Nous avons eu donc la chance de les découvrir.
Le météorologue nous a appris à les lire et à formuler des prévisions, ce qu’on ne croyait pas aussi dur. De plus, il nous a apporté des informations essentielles concernant les cyclones, sur lesquels nous étions en train de travailler.
 Sa visite a été très appréciée par tout le monde, il nous a aidé pour notre exposé et nous a beaucoup appris. Nos rapports sont vite devenus casi amicaux, et tout notre projet nous semblait vraiment plus clair. Ce qu’il se passait réellement dans un centre de météorologie nous était un peu étranger. Il a su nous éclairer avec patience et compréhension.
Ses encouragements nous ont beaucoup touchés et motivés.
Malheureusement nous n’avons pas gardé contact ensuite, son travail lui prenant une grande partie de son temps. Cependant, durant le week-end qu’il est resté, il nous a beaucoup appris et suffisamment pour nous motiver à poursuivre notre projet, à le perfectionner et innover.

Depuis nous enchaînons les expositions, nous mettons la météorologie à la portée de tous, puisqu’elle nous concerne tous. Tout ceci n’aurait pas été possible sans l’aide de ce météorologue.

Je me présente, je suis élève de seconde au Lycée Alcide Dusolier de Nontron. Je suis allé à un meeting dont le thème était la place des femmes dans la science aujourd’hui et dans l’avenir. Je voulais voir des ingénieurs, des chercheurs et d’autre métiers sur les sciences. Ce meeting devait nous montrer que les femmes avaient aussi leurs places dans des métiers scientifiques. Et que peut-être nous les jeunes filles de demain nous pourrions être des scientifiques lors de ce meeting. Il avait une femme et un homme scientifique. La femme nous a expliqué quel métier elle exerçait. Elle était chercheuse, elle trouvait de nouveaux médicaments pour toutes les maladies. Son intervention était très intéressante, ce qui m’a plus, c’et la passion qu’elle a pour son métier. Elle nous a décrit ses expériences et son laboratoire avec beaucoup de détails. Elle nous a aussi expliqué que pour les scientifiques, il ne fallait pas penser avoir une vie de famille très développée. Car quant elle fait des expériences, elle ne peut pas arrêter ce qu’elle fait pour rentrer chez elle. Son métier pour moi doit être une vrai passion, sinon elle ne pourrait pas supporter son métier. Elle nous a expliqué qu’il y avait des rapports à faire sur chaque expériences mais qu’ elle préférait largement faire les expériences. C’était pour elle plus intéressant. Après l’intervention de la femme il y a eu celle de l’homme, qui lui était chef d’entreprise. Il fabriquait des pièces détachées. L’intervention de l’homme pouvait être très intéressante car les hommes eux aussi doivent faire avance les sciences. Mais son intervention ne m’a pas plu comme celle de la femme. Il ne m’a pas donné envie de faire son métier. Bien que son métier soit très intéressant.Ce qui m’a pas plu c’est qu’il nous a bien fait comprendre qu’il y avait toujours des choses que les femmes ne pourraient jamais faire comme les hommes. Alors qu’il parlait des entretiens qu’il faisait passer aux hommes et aux femmes pour rentre dans son entreprise. Il nous a dit qu’il demandait toujours aux femmes si elles comptaient avoir des enfants. Car les congés maternité posaient des problèmes aux entreprises . Je lui ai demandé « pourquoi il ne posait pas cette question aux hommes, car les hommes eux aussi peuvent prendre maintenant un congé de paternité ». Il m’a répondu qu’il devait être un peu vieux jeu. Je pense juste qu’il était macho !!!Dans toutes nos recherches et nos découvertes, il est intéressant de prendre contact avec des scientifiques (des vrais ! professionnels !) , ne serait-ce que pour être épaulé dans nos expériences, conseillé, mais surtout pour partager notre recherche avec eux. En général, les chercheurs sont ravis d’entretenir une relation avec des lycéens, ils partagent même (pour certains d’entre eux) leurs propres expériences, ce qui nous motive énormément, observer ce que font les chercheurs à l’heure actuelle n’est pas offert à tout le monde. Le plus souvent, la prise de contact se fait simplement lors de fêtes de la science, d’expositions, ou par internet. Ce fut le cas pour moi avec Frédérique Eymard, chercheur maître conférencier en océanologie à Bordeaux 1. Sur les 12 chercheurs à qui j’avais envoyé le même mail pour qu’ils puissent connaître ma modélisation du Gulf Stream et me proposer de nouvelles expériences, elle avait été la seule à me répondre. J’imagine que les chercheurs sont très occupés, mais j’imagine également qu’elle aussi, ne doit pas se tourner les pouces. Or elle a prit le temps de me répondre, et depuis bientôt 2 ans, on communique par mail ou téléphone. Elle est adorable. On a même eu l’occasion de se rencontrer deux fois, la première fois lors du festival des lycéens 2006 où nous l’avions invitée, la deuxième à la fête de la science organisée au lycée. Nous avions passé 2 jours tous ensemble, avec ses enfants et son conjoint, chercheur également. J’estime qu’il est très enrichissant de posséder un regard extérieur au lycée, surtout en parlant avec des chercheurs de Bordeaux ou ailleurs, on apprend toujours des choses utiles pour notre futur métier ou tout simplement dans notre vie quotidienne. C’est Frédérique qui, lors de sa conférence, nous a appris qu’il n’a a plus de neige sur le sommet de l’Everest, conséquence du réchauffement climatique au Tibet.

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