

Établissement Collège Marguerite de Navarre
BP 1514,
1, cours Bosquet
64230 PAU CEDEX
ZEP Non
Téléphone: 0559270511
Fax: 0559829470
Courriel
Adresse Web
Contact Jean Noël Puig
Classes 5ème, 4ème, 3ème.
Disciplines Histoire-Géographie, Sciences Physiques, Sciences de la Vie et de la Terre.
Le but de l'action est de développer chez nos élèves une culture du risque. Nous voulons; augmenter la motivation des élèves grâce à un travail orienté vers le réel au quotidien; sensibiliser les adolescents, toujours dans l'immédiat, au futur et au développement durable. Les classes de cinquième ont travaillé sur le thème de l'eau, celles de quatrième autour des séismes.
Collège
Indifférent
Citoyenneté, civisme, culture scientifique, EDD
Histoire géographie, Physique chimie, Sciences de la Vie et de la Terre.
Cette action a été mise en place pour développer l'interdisciplinarité, suite à la suppression des IDD dans l'établissement. Plusieurs enseignants du groupe avaient déjà travaillé ensemble, d'autres (la moitié) se sont joints au groupe. La mise en place se réalise selon deux modalités :
L'efficacité de l'action réside surtout dans le choix des thèmes. Le risque sismique est pertinent, car :
Le choix de l'eau et du gave de Pau est tout aussi pertinent car nous avons :
Le déroulement de l'action prévu consistait à décliner les activités sur 3 niveaux, 5ème, 4ème et 3ème. Les 5èmes travaillent sur l'eau (gestion du gave, distribution d'eau potable à partir de la résurgence du Néez). Les 4èmes abordent le risque géologique (séismes locaux, risque volcanique en Campanie); les 3èmes devaient faire une synthèse des travaux réalisés et approfondir la gestion du risque et du développement durable dans le cadre des thèmes abordés par les autres classes.
Cependant les enseignants d'histoire et géographie se sont rapidement désolidarisés de cette démarche : le risque d'accumuler du retard sur les programmes en menant l'action les a conduits à privilégier l'épreuve écrite du brevet qui constitue, à leurs yeux, une priorité.
Dans le déroulement de l'action la structure classe constitue un facteur de blocage de l'élan. Il y a eu moins de dynamique car chaque classe travaillait sur une partie d'un thème et les échanges se trouvaient, de fait, limités.
A ceci, s'ajoute le verrou hebdomadaire, les enseignants prenant part à l'action ne pouvaient réaliser ces activités que dans le cadre de leur horaire.
Les heures effectives d'enseignement ont été volontairement réservées pour une action en dehors des heures de cours et sur le terrain. En raison du cadre restreint de l'horaire hebdomadaire, ces actions sur le terrain ont été mises en place sur le temps libre des élèves (après-midi libre de l'emploi du temps).
Les enseignants et la plupart des élèves ont été d'accord pour ce fonctionnement. Il faut souligner également, au moins au départ, le manque d’implication des élèves dans la mesure où « ce n’est pas du cours ».
Par la suite, l’intérêt venant, la vision des choses change ; les élèves semblent y porter de plus en plus d’intérêt, le fait que la démarche soit ancrée sur leur quotidien, qu’ils y apprennent des organisations, des dispositifs insoupçonnés, y est pour beaucoup.
Au cours du déroulement du projet, des actions originales ont permis aux élèves de sentir les relations étroites qui existent entre les matières. Par exemple, lors de la recherche de la zone de sécurité dans l’établissement s’est posé le problème de la mesure de la hauteur des bâtiments. Cela a conduit les élèves à utiliser les théorèmes de la géométrie sur le terrain (Pythagore, somme des angles d’un triangle…).
Un des temps forts de cette action est le contact établi avec le monde extérieur et notamment les acteurs de la vie civile qui, au quotidien, assurent le fonctionnement des services et la surveillance de l’environnement pour la sécurité de tous.
Ce mode de travail permet aux élèves d’identifier les responsables et le rôle de chacun dans le fonctionnement de la société civile. Le cas de la gestion de l’eau est là exemplaire. La ressource de la ville de Pau est liée à la résurgence du Néez, elle-même soumise à ce qui se passe dans la Vallée d’Ossau. L’acheminement en sécurité vers la ville de Pau et sa distribution, l’entretien de cette distribution et la limitation des pertes, mais aussi le traitement des eaux usées avant leur rejet dans le Gave dans la nappe alluviale duquel les villages en aval puissent leur ressource en eau potable supposent l’action coordonnée de nombreux acteurs qui assurent une responsabilité collective vis-à-vis des populations du bassin.
Il faut noter là à nouveau la disponibilité des personnes et leur enthousiasme à nous aider dans notre tâche. Parfois, le partenaire a tendance à devenir un peu envahissant et cherche à caser sa « plaquette pédagogique », même si elle ne rentre pas dans le processus que nous avons choisi. Ces partenaires, par ailleurs, soulignent souvent le caractère ponctuel de telles actions qui, selon eux, mériteraient plus de suivi pour développer une meilleure éducation citoyenne des élèves.
Notre démarche ne se déroule pas toujours dans la sérénité, elle fait l’objet de remarques et de quolibets (fayotage, toujours à se mettre en avant…) de la part de certains enseignants qui comprennent mal que l’on s’investisse dans une autre démarche que celle de la réalisation d’un cours simplement structuré autour d’un programme pour créer un espace pédagogique différent.
D’autres encore dans l’établissement agissent comme si le projet n’existait pas et réquisitionnent les élèves sans aucune discussion préalable.
À l’intérieur de l’établissement, des collègues ont bien voulu assister les élèves pour la rédaction de certains documents, notamment des collègues de Français. De même, des enseignants des écoles souhaiteraient participer à une action de ce type groupant et renforçant la liaison école-collège sur un certain nombre de thèmes en faisant travailler les élèves ensemble, peut-être autour de thèmes liés à l’EDD.
Dans tous les cas il est encore difficile de dire si cela change le statut des disciplines scientifiques dans l’établissement, dans la relation qu’ont les enseignants entre eux.
Au niveau des élèves, notamment le groupe de 4ème qui, en relation avec un voyage en Italie des latinistes, a pu appréhender in situ les problèmes du risque géologique et de sa gestion sur le terrain, il est très net que les bases géologiques de la compréhension des phénomènes ont aujourd’hui un sens.
Notre but essentiel est de combattre la culture du « risque zéro » pour la remplacer par celle d’un risque acceptable à différents niveaux en relation avec l’enjeu. Nous n’oublions pas, en relation avec l’enseignement de sciences humaines, d’intégrer cette culture du risque avec une approche des enjeux sociaux et socio-économiques.
Enfin, dans cette démarche, l’enseignant conduit les élèves à la connaissance de son environnement et cela en dehors du cadre d’un enseignement classique. Les relations enseignants-enseignés sont toutes autres dans ce dispositif car, les objectifs étant clairement fixés, tout le monde concourt à atteindre le but : le rapport au savoir est différent.
Le travail sur les risques géologiques en Campanie devrait être poursuivi et approfondi : notre voyage nous a permis d’identifier des interlocuteurs sur place, des établissements scolaires, et d’élargir notre champ de contacts avec les représentants du groupe européen Eduséis, l’idée persistante étant un jumelage avec un établissement scolaire du secteur.
En ce qui concerne les travaux locaux autour de l’eau potable, des gaves et de la gestion des déchets, les productions devraient être largement médiatisées et faire l’objet de productions (web, presse…) en liaison étroite avec les élus locaux.
En conclusion, notre action nous semble positive et porteuse mais nécessite cependant quelques ajustements. Cette action est reconnue et soutenue par notre administration, mais la question demeure sur la pérennisation de l’action. En effet, là comme souvent, il y a un problème de reconnaissance des équipes et des mutations pour carte scolaire. Elles frappent le plus souvent les plus volontaires qui viennent d’arriver avec des expériences riches, et installe de fait une routine locale qui ne s’engage guère dans l’innovation.
Enfin mettre en contact les élèves avec la réalité de la vie quotidienne et la vérité des faits sur le terrain suppose la possibilité de quitter l’établissement dans le cadre d’investigations qui, même si elles ne sont pas onéreuses, ne trouvent pas souvent les maigres financements nécessaires, malgré les bonnes volontés en présence.