EDITO de Daniel MAXIMIN
« Ce ne sont pas des paysages, ce sont des pays, ce ne sont pas des populations, ce sont des peuples ». Cette affirmation d’Aimé Césaire (dont l’œuvre sera mise en valeur toute cette année) peut contribuer à expliciter la place spécifique des Outre-mer dans la France d’aujourd’hui, au-delà des multiples clichés qui obscurcissent les réalités, entre cataclysmes infernaux et paradis exotiques, séismes géographiques autant qu’historiques, préjugés de largages ou d’assimilation. Ce que l’Année des Outre-mer peut contribuer à éclairer tout au long de 2011, c’est la place ancienne des régions d'outre-mer dans l’histoire de la France, leur présence établie depuis l’avènement de la République et de la citoyenneté, et la création d’identités culturelles spécifiques tissées des rencontres transocéaniques entre les deux, trois ou quatre continents de leurs origines, selon qu’elles se situent dans l’Atlantique, l’Océan indien ou le Pacifique.
Ni « poussières d’îles » balayées comme fétus par l’histoire et la géographie, ni « porte-avions » lointains des centres du monde, les régions d'outre-mer auront à coeur de se faire porte-voix d’elles-mêmes et entre elles, et des régions cousines de la Caraïbe et de l’Atlantique, de l’Océan indien et du Pacifique, et contre les impasses du présent, porte-voies de leurs carrefours à proposer.
Daniel Maximin, commissaire de « 2011, Année des Outre-mer »
-- > Édito in Site officiel : http://www.2011-annee-des-outre-mer.gouv.fr/index.htm |