PARTAGER CETTE PAGE

Deux infirmières scolaires en renfort d'une équipe mobile sanitaire Covid-19 dans le Lot-et-Garonne

Ruth GROB, infirmière scolaire à la cité scolaire d'Aiguillon et Laurence PINGET, infirmière scolaire au collège Crochepierre à Villeneuve sur Lot se sont portées volontaires pour être mobilisées dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Elles ont intégré depuis le 6 avril l'équipe mobile sanitaire (EQSAM) Covid-19 du Centre hospitalier d'Agen et nous parlent de leur quotidien et de leurs motivations pour assurer ces nouvelles missions.

  • Quelles sont vos missions habituelles ?

En tant qu'infirmières scolaires nous avons de multiples missions : l'accueil des élèves en situation d'urgence, le suivi des élèves qui ont des problèmes de santé, un travail relationnel, d'écoute et de prévention, ou encore l'éducation à la santé. Cela passe également par l'encadrement des élèves porteurs de handicap, la collaboration avec les assistantes sociales sur l'enfance en danger et d'autres volets tels que la contraception, le dépistage ou l'évaluation de la vue et de l'audition.

Nous sommes aussi appelées dans les écoles de secteur qui sont rattachées au collège pour assurer ces mêmes missions. Notre travail est de tout mettre en œuvre pour que les élèves aient la meilleure santé physique et mentale pour suivre au mieux leur scolarité.

  • Qu'est-ce qui a changé avec l'arrivée du Covid-19 ?

Les semaines précédant le confinement ont été dédiées au conseil auprès des chefs d'établissements et bien sûr la mise en place de l'affichage, la prévention et la pédagogie pour faire appliquer les gestes barrière, mais aussi la réalisation de compte-rendus matin et soir pour les élèves et leurs familles. Il y a un vrai travail d'accompagnement.

Puis la conseillère technique auprès du DASEN nous a fait savoir qu'une réserve de personnels disposables était constituée par l'agence régionale de santé (ARS), afin d'aider les services publics de santé selon les besoins. Nous nous sommes donc portées volontaires. C'est une mesure prise au niveau du ministère de la Santé et des Solidarités qui se décline localement par une convention faite entre l'académie et l'ARS.

Nous avons été contactées quatre jours plus tard. Nous avons suivi une formation par un médecin infectiologue et reçu les différentes consignes notamment concernant l'équipement. Nous sommes opérationnelles depuis le lundi 6 avril et avons intégré l'équipe sanitaire mobile (EQSAM) Covid-19 du CH d'Agen (47). Ces équipes mobiles ont été créées pour répondre à la pandémie du Covid-19 mais s'appuient sur une équipe sanitaire existante, disposant déjà de matériel et d'infrastructures.

L'équipe est composée d'une dizaine de personnes : sept infirmiers dont quatre issus de l'Éducation nationale, 1,4 ETP médecin, une secrétaire et un cadre. Nous appelons en renfort si nécessaire une assistante sociale. Nous sommes organisées en binômes avec un membre de l'équipe existante qui a une bonne connaissance du terrain et des process, cela nous permet de bien nous intégrer. Nous avons les mêmes horaires qu'habituellement mais travaillons également les week-end.

  • Quelles sont vos missions au sein de l'EQSAM ?

Pour cette première semaine, nous sommes allées au contact de tous les centres d'hébergement (foyers pour enfants, jeunes, mères isolées, migrants) pour rencontrer les responsables et voir comment ils sont organisés. Par exemple, pour vérifier si les résidents ont un médecin traitant ou si le foyer a un médecin référent. En cas de suspicion de Covid-19, s'il n'y a pas de médecin attaché, c'est à nous de nous en occuper. Ces rencontres sont donc l'occasion de voir ensemble le processus en amont.

Nous nous sommes aussi calées sur les maraudes faites par les associations pour les sans-abris. Leur rôle est de repérer, mais notre équipe se tient prête à aller sur les lieux en cas de besoin, car le 15 est trop mobilisé par ailleurs. Ce processus est en train de se mettre en place, nous créons du lien avec ces associations qui ont l'avantage d'échanger avec la Croix Rouge.Nous avons effectué notre première maraude le lundi 13 avril.

  • Pourquoi était-il important pour vous de vous porter volontaire ?

Avec la fermeture des établissements, nous n'étions plus au contact des élèves qui sont notre matière première et le télétravail n'est pas vraiment facile dans cette situation. Nous avons trouvé important de nous mettre à disposition là où le besoin était le plus fort. D'autre part, c'est toujours très stimulant de sortir de notre cadre habituel, cela nous permet de réapprendre les mesures d'hygiène, de faire des piqûres de rappel, c'est très formateur.

C'est aussi l'occasion de s'enrichir de l'expérience d'autres équipes qui font également de la prévention mais auprès d'un public différent du nôtre. Cela crée en plus un véritable parallèle avec notre quotidien car nous rencontrons aussi des élèves en grande précarité. Ce contact avec les réseaux d'hébergement et les associations qui viennent en aide aux personnes les plus précaires est forcément enrichissant, cela nous aidera à mieux comprendre certaines situations.

Nous avons été très bien accueillis dans ce service ! C'est très agréable de rencontrer d'autres professionnels et de croiser nos techniques, nos compétences. Il n'y a pas de hiérarchie, face à l'urgence on est tous soudés. Forcément quand on est soignant, dans l'Éducation nationale ou ailleurs, cela fait partie de nos convictions, on se sent solidaires.

#MerciAuxSoignants

Laurence PINGET (à gauche) et Ruth GROB (à droite)

PARTAGER CETTE PAGE