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Jean-Sebastien
BACH (1685-1750)
Air de la
3ème Suite
HISTORIQUE
Plusieurs recueils de Jean-Sébastien
Bach relèvent du genre Suite.
Il y a celles pour violon et pour violoncelle seuls,
ou encore celles pour clavier. Pour orchestre, il y en a quatre,
dont la chronologie et les dates de composition ne sont pas connues
avec certitude. En effet, s'il semble à peu près
certain que les deux premières datent de la période
de Köthen (1717 - 1723), il est probable que les deux dernières
aient été écrites entre 1727 et 1736.
Des quatre suites (appelées
ouvertures,
en raison de leur premier mouvement sous form e
d'ouverture à la française), la deuxième
en si mineur et la troisième en ré Majeur sont les
plus connues. La popularité de cette dernière vient
de son caractère grandiose, de sa puissance et aussi de
l'extraordinaire beauté de l'Air
qui lui tient lieu de deuxième mouvement.
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La version orchestre
attention 4,3 Mo
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SweetBox
attention 2,8 Mo
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ANALYSE

LA
MELODIE
Dans l'Aria, Jean-Sébastien
Bach supprime les instruments à vent pour n'utiliser que
la sonorité expressive et chaleureuse du quatuor
à cordes. On remarque d'emblée,
la flexible beauté de la ligne mélodique jouée
par le premier violon. Celle-ci descend d'abord les degrés
de la sixte, puis de l'octave, pour arriver sur la dominante.
Le trajet tonal emprunte un schéma classique, partant du
ton principal de Ré Majeur pour aboutir au ton de La Majeur,
en faisant toutefois un petit détour par Mi mineur.
(Afin de simplifier la lecture
des partitions, toutes les valeurs rythmiques ont été
dédoublées.) écouter
la séquence midi
LA
BASSE CONTINUE
Cette mélodie est soutenue
par la basse continue qui joue
une ligne très indépendante, sur un rythme régulier
de croches. L'intérêt principal de cette basse réside
dans le fait qu'elle enchaine en les alternant des sauts d'octave
montants et descendants, qui confèrent à l'ensemble
une grande valeur expressive. Ce mouvement ne s'interrompt qu'aux
passages cadentiels.
LE
CONTREPOINT

LA
MARCHE HARMONIQUE
Ce contrepoint
trouve son apogée dans la marche
harmonique située au milieu de la deuxième
partie de l'Aria. C'est également le sommet expressif de
la pièce. On peut y observer les lignes ascendantes et
conjointes des violons 1 et 2 qui se s'enchevètrent (celle
du violon 2 étant très mélismatique). Le
violoncelle et l'alto ont des lignes qui se complètent
également. Elles procèdent toutes les deux par sauts
(d'octaves pour le violoncelle, de quartes ascendantes pour l'alto,
qui joue également en syncope). D'un point de vue harmonique,
ce passage très modulant est constitué principalement
d'enchaînements de septièmes de dominante (Ré
M, Sol M, Mi7, La7, Fa#7, Si7, Mi m). On pourra encore apprécier
les frottements de seconde occasionnés par la rencontre
des lignes des deux violons, ou encore la coloration mélodique
qu'apportent les notes do# et ré# dans la phrase du second
violon.

BIOGRAPHIE
Vie
Johann Sebastian Bach est né
9 le 21 mars 1685, à Eisenach, petite ville de Thuringe,
d'un père musicien, Johann Ambrosius Bach (1645-1695).
Celui-ci lui enseigna, dès son plus jeune âge, les
instruments à corde et son oncle Johann Cristoph Bach,
alors compositeur et organiste de la ville d'Eisenach, lui apprit
l'orgue. Jean-Sébastien Bach fit aussi partie du choeur
de la ville. Orphelin à l'âge de neuf ans, il fut
élevé par son frère aîné, Johann
Christoph, organiste à Ohrdruf, qui lui enseigna le clavecin
et la composition, et devint choriste de la ville. En 1700, il
entra à la maîtrise de Saint-Michel de Lunebourg
où il reçut une éducation solide et travailla
la composition avec l'organiste Georg Böhm (1661-1733). Il
subit également l'influence des musiciens français
et notamment de l'organiste et claveciniste virtuose Louis Marchand
(1669-1732) auteur de superbes Pièces de clavecin et de
Couperin le Grand alors qu'il fréquentait la cour de Celle,
proche de Lunebourg. En 1703, à l'âge de dix-huit
ans, il est engagé pour occuper l'orgue vacant d'Arnstadt
où il composa sa première cantate (1704). Il demanda
un congé pour aller étudier avec Dietrich Buxtehude,
célèbre organiste et compositeur allemand d'origine
danoise, qui était alors à Lübeck et dont la
musique d'orgue eut une influence puissante sur celle de Bach.
A son retour, il perdit sa tribune à Arnstadt et s'installa
alors à Mühlhausen comme organiste de l'église
Saint-Blaise (1707). Il se maria alors avec sa cousine Maria Barbara
Bach (1684-1720), dont il eut sept enfants.
Jean-Sébastien Bach quitta
Mühlhausen pour exercer à la cour du duc de Weimar
la fonction d'organiste, de violon solo et de compositeur (1708-1717).
Il composa alors de nombreuses oeuvres pour orgue, Toccata en
ré mineur, en ré majeur (1709), Alla breve en ré
mineur (1709), Grande passacaille en ut mineur(1716), mais aussi
des pièces et des concertos pour clavecin. Suite à
des tensions avec le duc Wilhelm Ernst, Bach quitta la cour de
Weimar pour celle du prince Léopold d'Anhalt-Köthen
(1717-1723). De véritables liens d'amitié s'établirent
entre le prince Léopold et Bach qui se trouvait alors dans
d'excellentes conditions matérielles pour composer. De
cette période datent ses Suites anglaises (1724-1725),
ses Suites françaises (1722) des Partitas (1726-1731),
des ouvertures pour orchestres, les Six Concertos brandebourgeois
(1721) et son premier livre du Clavier bien tempéré
(1722).
En 1721, un an après la
mort de sa femme Maria Barbara, Bach se remaria avec la fille
d'un trompettiste, Anna Magdalena Wilcken (1701-1760), elle-même
chanteuse à la Cour et dont il eut treize enfants. En 1723,
il quitta la cour de Köthen, vraisemblablement parce qu'il
n'y avait qu'un rôle de compositeur profane et, en tant
que luthérien, désirait composer de la musique d'église.
Il obtint la fonction de cantor à l'église Saint-Thomas
de Leipzig, mais fut soumis à l'autorité du Conseil
de la Ville, qui l'obligea à fournir des oeuvres pour les
quatre églises de la ville, chaque semaine et lors de chaque
fête. De plus, il souffrit de voir ses compositions interprétées
par les élèves peu appliqués de la Thomasschule
et par un orchestre médiocre. Il écrivit alors près
de 300 cantates, dont 200 seulement nous sont parvenues. C'est
à cette période que Bach composa ses plus beaux
chefs-d'oeuvre, ses Passions selon saint Jean et selon saint Matthieu,
des Motets (1723-1734), la Messe en si mineur (1733), l' Oratorio
de Noël, constitué de six cantates (1734), 21 Chorals
(1739), son second livre du Clavier bien tempéré
(1740-1744). Il composa aussi les Variations Goldberg (1742),
les Variations canoniques (1747), l'Offrande musicale (1747) et
l'Art de la fugue (1746-1749).
En 1747, il se rendit en compagnie
de son fils Wilhelm Friedemann (1710-1784) à la cour de
Prusse pour y voir son second fils Carl Philipp Emanuel Bach,
claveciniste depuis 1738. Il donna des concerts devant Frédéric
II, dont il reçut les éloges pour ses improvisations.
Pendant la dernière année
de sa vie, Bach souffrit de troubles oculaires et mourut le 28
juillet 1750, après avoir subi sans succés une opération.
Grammaire de Bach
L'oeuvre de Bach s'inspire de
traditions musicales d'Allemagne du Nord et du Sud, de France
et d'Italie et en restitue une formidable synthèse. Bach
fut essentiellement un autodidacte de la composition. Sa principale
méthode d'apprentissage fut, comme c'était l'usage
à son époque, de copier sur ses cahiers, la musique
de différents compositeurs. Ainsi, Bach recopia-t-il intégralement
l'oeuvre du compositeur français Nicolas de Grigny (1672-1703)
et transcrivit Couperin. Il puisa dans la tradition de l'Allemagne
du Nord, grâce à l'enseignement qu'il reçut
de Georg Böhm, à Lunebourg, et de Buxthude à
Lübeck. Bach subit aussi l'influence des compositeurs de
l'Allemagne du Sud par le biais de l'enseignement de son frère
aîné Johann Christoph qui était un élève
de Johann Pachelbel. Enfin, Bach transcrivit pour le clavecin
ou l'orgue les concertos de Vivaldi et du compositeur italien
Benedetto Marcello (1686-1739). Il poursuivit cet exercice sa
vie durant et réalisa souvent des arrangements d'oeuvres
composées par d'autres compositeurs. Il utilisait ainsi
toutes les ressources du langage musical disponible à l'époque
baroque et pouvait combiner les motifs rythmiques des danses françaises,
la grâce des mélodies italiennes et la complexité
du contrepoint allemand dans une même composition.
Le contrepoint constitue la base
de la grammaire musicale de Bach. Une mélodie implique
pour Bach un ensemble de mélodies indépendantes
ou complémentaires. En imaginant des lignes mélodiques
inbriquées, Bach pouvait exprimer la texture complexe d'une
fugue à plusieurs voix avec un instrument à mélodie
unique, comme le violon ou le violoncelle. Dans chacune de ses
oeuvres, il établit un ensemble de combinaisons contrapuntiques
qui caractérisent son style, parfaitement illustré
avec l' Art de la fugue (1749). Ainsi, Bach développait
un thème en l'associant à un autre, créant
ainsi une union ou une opposition d'où résulte un
troisième thème.
Bach s'attachait à donner
une transcription musicale symbolique à chaque idée
ou image d'un texte religieux, en infléchissant la mélodie
ou l' harmonie. Ainsi, chaque mot devait avoir son sens retranscrit
musicalement. La musique est dès lors intimement liée
au texte, l'ennoblissant admirablement grâce à son
expressivité et son intensité spirituelle.
Chorals, cantates et passions
Bach exprima à travers
toutes ses compositions sa foi luthérienne, ce qui fit
écrire à l'un de ses élèves, Gottlieb
Ziegler : "Pour le jeu du choral, mon professeur, le maître
de chapelle Bach, me l'enseigna de telle sorte que je ne joue
pas les chorals simplement tels quels, mais d'après le
sentiment indiqué par les paroles." Alors qu'il était
cantor à Leipzig, Bach composa près de deux cents
chorals, oeuvres au coeur de l'office luthérien. La cantate
de l'office liturgique du dimanche est toujours construite sur
le thème d'un choral qui sert de sujet au choeur initial.
En effet, la plupart des cantates s'ouvrent sur une partie pour
choecur et orchestre, se poursuivent avec une alternance de récitatifs
et d'arias pour voix seules et accompagnement et se concluent
sur le chant du même choral basé sur un simple hymne
luthérien. Il nous reste deux cents cantates d'église
alors qu'il aurait, d'aprè son fils Carl Philipp Emanuel
Bach, composé cinq années de cantates pour tous
les dimanches et fêtes de l'année, soit cinq cycles.
Dans les Passions, le récitatif
représente l'évangéliste et tient donc une
place importante dans l'oeuvre. Il a un caractère méditatif
ou de commentaire. Le texte se fonde sur l'évangile que
retranscrit Bach avec beaucoup de lyrisme. Dans ses Passions,
Bach se servait de deux choeurs plus un choeur d'enfants, de deux
orchestres et de deux orgues, chaque élément répondant
à l'autre.
Ainsi Bach composa 166 chorals,
202 cantates, 2 oratorios de Pâques (1735) et de Noël
(1734), les Passions de Saint-Jean (1722) et de Saint-Matthieu
(1729), la Messe en si mineur (1732, 1737, 1749), 4 Messes brèves
(1735), le Magnificat (1723) et 7 motets (1723-1734).
Musique pour orgue, clavier
et orchestre
Bach composa des oeuvres pour
orgue tout au long de sa vie et fit de nombreuses improvisations
sur cet instrument, ce qui lui valut les louanges de Frédéric
II à Potsdam. Outre ses 166 chorals, l'oeuvre pour orgue
comprend 27 Préludes, Fantaisies, Toccatas et Fugues, compositions
brillantes qui marquent l'influence qu'exercèrent sur Bach
les organistes de l'Allemagne du Nord mais aussi, par la suite,
d'Italie. Il composa aussi 6 Concertos, 6 Sonates en trio (1727),
une Grande Passacaille en ut mineur (1716) et des pièces
diverses.
Son oeuvre pour clavier est constituée
principalement par le Clavier bien tempéré (1722-1744)
qui réunit deux fois 24 Préludes et Fugues et constitue
une sorte de "manifeste" de la part de Bach qui joue de la modulation
à l'infini. Bach écrivit encore pour le clavier
trois recueils de Suites françaises (1722), anglaises (1724-1725)
et allemandes (1726-1731), qui portent le titre de Partitas, un
Concerto italien (1735), 16 Concertos transcrits d'après
Vivaldi (1710), les Variations Goldberg (1742) et des pièces
diverses.
Bach écrivit ses oeuvres
pour orchestre alors qu'il était à Köthen et
qu'il disposait d'un orchestre de 17 musiciens. Il écrivit
tout d'abord ses quatre Suites pour orchestre ou Ouvertures (1717-1725).
Il réalisa une commande du margrave de Brandebourg avec
6 Concertos brandebourgeois (1721). Il composa par la suite 14
Concertos pour un, deux, trois, quatre clavecins et orchestre
de 1727 à 1735. Enfin, son oeuvre pour orchestre comprend
aussi 4 Concertos pour un et deux violons et des concertos divers
pour hautbois et violon, flûte, violon et clavecin.
Bach écrivit deux oeuvres
à la fin de sa vie qui sont la consécration et la
synthèse de tout son art, l'Offrande musicale (1747), série
de canons et fugues sur un même thème, et l'Art de
la fugue (1749), resté inachevé, comprenant une
série de 17 fugues, là encore sur un thème
unique.
L'oeuvre de Bach, dans son ensemble,
constitue le fondement de toute la musique occidentale moderne.

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LEXIQUE |
| La suite
:
Issue des danses de la renaissance, la
suite est une succession de pièces musicales régie
par deux principes essentiels : le lien tonal et l'unité
de style. |
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| L'ouverture
à la française :
Pièce orchestrale servant d'introduction
à un opéra, un oratorio, une cantate et
même chez Jean-Sébastien bach à la
suite. L'ouverture à la française est composée
d'un mouvement lent procédant par accords saccadés
et massifs et d'un mouvement rapide contrapuntique commencant
par un fugato. Un retour au premier mouvement peut venir
compléter l'ensemble. |
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| L'aria
:
Dans la suite de danses, l'Aria ou Air
s'oppose, par son style essentiellement mélodique,
aux pièces d'origine chorégraphique. |
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| Le quatuor
à cordes :
Il est composé de deux violons,
un alto et un violoncelle. |
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| La basse
continue :
Partie de basse instrumentale servant
de guide pour un accompagnement improvisé des autres
parties vocales ou instrumentales. Elle est confiée
à un instrument polyphonique (orgue, clavecin,
théorbe...) auquel s'ajoute souvent un instrument
monodique (basson, violoncelle...). |
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| Le contrepoint
:
Technique d'écriture musicale qui
privilégie une conception horizontale de la musique.
Il part de la mélodie et définit les principes
permettant de superposer deux ou plusieurs lignes mélodiques
simultanées, censées conserver chacune un
intérêt propre. On le retrouve dans le canon,
la fugue... |
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| La marche
harmonique :
Répétition d'un fragment
mélodique owu d'une succession d'accords. Elle
peut-être considérée comme une imitation
à plusieurs voix. |
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